Aya s'ennuyait ferme. Le temps était clément pour une journée d'automne, et la rebelle avait décidé qu'il serait nettement plus intéressant de continuer à visiter le pensionnat plutôt que d'écouter un cours, ô combien passionnant sur la vie des batraciens en cours de biologie. Elle était donc sortie de sa chambre vêtue d'une t-shirt rouge, d'une veste en cuir et d'un pantalon noir léger et de ses éternelles baskets noires avant de vagabonder dans la cour. Pendant qu'elle avançait silencieusement, laissant le vent caresser son visage, elle repensait à son arrivée à l'internat. Elle avait fait quelques rencontres, toutes étonnantes. Sacha, une fée qui semblait être calme et posée. Incernable. Cette fille l'intriguait au plus haut point et il lui tardait de la revoir. Aïko, une hybride qui avait apparemment un problème avec les gens. Comme effrayée à l'idée que les gens la repoussent.
Ses pensées furent interrompus par des cris venant de sa gauche. Aya tourna brusquement la tête avant de s'apercevoir qu'un projectile arrivait sur elle à une vitesse affolante. Ses formidables réflexes opérant en une fraction de seconde, elle repoussa ce qui s'avérait être un ballon de foot de son poing, évitant de peu une belle marque rouge sur son visage. Elle hurla alors en direction des joueurs:
"-Hey, fais gaffe à tes passes, blaireau!!! Je me serai pris le ballon, t'aurais morflé, pigé?"
Elle s'installa alors sur les tribunes, se forçant à se calmer. Elle avait promis à son frère qu'elle essayerait d'éviter les bagarres, et elle essayait tant ien que mal de se contenir. Elle respira profondément en fermant ses yeux, pendant quelques minutes. Les feuilles dansaient près d'elle, le vent passait entre les branches des arbres, se jouant des obstacles et murmurant un chant apaisant pour la métisse.
Quand elle ouvrit les yeux, elle avait retrouvé sa sérénité.
Mais elle s’ennuyait toujours. Elle n'avait pas de ballon, et elle avait la flemme de se lever pour en dénicher un. Aya leva les yeux au ciel, espérant un miracle qui la tirerait de cet ennui mortel.